Le photographe nature Martin Dellicour à propos du Nikon Z 7II et du Nikkor 70-200mm F/2.8 VR S : "Je retrouve dans le Z 7II tout ce qui m’a séduit dans le D850."

Photographe et vidéaste nature, Martin Dellicour a grandi dans un petit hameau de la vallée de l’Aisne, dans les Ardennes. Parti explorer la nature aux quatre coins de l’Europe, il est néanmoins resté très attaché à ses racines ardennaises et a toujours à cœur de capter et d’immortaliser la beauté de cette région.

En 2019, Martin a troqué son fidèle Nikon D850 contre le Nikon Z 6, un appareil photo hybride sans miroir. "J’ai longtemps hésité", raconte Martin. "Les avis étaient très partagés sur les performances des nouveaux appareils photo, et j’étais comblé par le D850, en particulier par la parfaite prise en main de son boîtier. Puis j’ai eu l’opportunité d’essayer le Z 6 et le Z 7, et depuis, j’utilise le Z 6 – cela fait déjà deux ans."

UN VRAI CHANGEMENT

Martin ne cache pas qu’il a dû s’habituer à ce nouvel appareil photo. "Si les menus affichent l’ergonomie habituelle de Nikon, j’ai surtout dû me familiariser à la nouvelle forme du boîtier, plus compacte. Il m’a fallu quelque temps aussi pour m’adapter au nouveau viseur électronique."

"Je suis sorti de ma zone de confort au début, mais j’ai trouvé mes marques après un temps et découvert les avantages de cet appareil pour la photographie animalière : un boîtier léger et compact, d’excellentes performances en conditions de faible luminosité, la stabilisation d’image intégrée me permettant de prendre des photos à des vitesses d’obturation bien plus faibles ou à main levée et, surtout, un mode de prise de vue entièrement silencieux. Bref, une révolution. Et d’un point de vue créatif, la possibilité de voir directement dans le viseur le résultat de réglages comme l’exposition, le contraste et les styles d’image."

Outre la photographie, Martin réalise également de nombreuses vidéos. Le changement a également entraîné une amélioration dans ce domaine. "Je trouvais les reflex numériques trop contraignants pour les images en mouvement. Ils manquaient de flexibilité, raison pour laquelle je me servais d’une caméra vidéo spécifique pour mes productions professionnelles. Mais le Z6 a changé la donne. Grâce à l’option d’enregistrement de vidéo en format RAW non traité, je peux obtenir le look cinéma que je souhaite."

LE Z 7II : UNE KYRIELLE D’AMÉLIORATIONS

Martin a toujours son D850, même s’il avoue s’en servir de moins en moins pour la photographie animalière. Il a récemment eu l’occasion d’essayer le nouveau Z 7II, qu’il a pu comparer avec son Z 6 et son D850. "Le Z 7II offre évidemment de multiples améliorations sur le plan de l’ergonomie vis-à-vis du D850. Pa rapport au Z 6, j’ai le sentiment que l’autonomie est prolongée. Un solide atout, car sur le terrain, vous pouvez oublier la recharge. Le Z 7II dispose de deux logements pour cartes mémoires, ce qui permet d’effectuer une sauvegarde immédiate pour plus de sérénité, ou de réserver une carte aux photos et l’autre à la vidéo."

Autre gros avantage du Z 7II pour Martin : la résolution du capteur, à savoir 45,7 millions de pixels au lieu des 24,5 millions de pixels du Z 6. "Pour photographier les animaux sauvages, ce genre de résolution élevée est un atout, mais vous êtes alors souvent limité au niveau de la sensibilité maximale utilisable ou de la vitesse des prises de vue en mode rafale. Toutefois, le Z 7II permet sans problème des niveaux d’ISO 6.400 ou ISO 8.000 tout en gardant la qualité d’image. Et en dépit de sa résolution supérieure, le Z 7II a la même vitesse en mode rafale que mon Z 6, ce qui est très appréciable pour photographier les oiseaux en plein vol. La vitesse en rafale du Z 6II est encore plus élevée, mais je trouve celle du Z 7II largement suffisante, surtout pour un capteur de 45,7 millions de pixels."

Pour Martin, la stabilisation d’image intégrée du Z 7II garantit des images d’une grande netteté. Il observe en outre des améliorations surtout au niveau de l’autofocus, avec de nouveaux modes de mises au point automatique et une meilleure détection du sujet. "En fait, je retrouve dans le Z 7II tout ce qui m’a séduit dans le D850. Cet appareil photo est parfaitement adapté pour photographier les animaux sauvages."

L’option de batterie externe a particulièrement attiré l’attention de Martin. "Cette nouvelle option est formidable. Je passe souvent de longues heures tapi dans une cachette, et une batterie externe est alors d’une aide précieuse. Je peux laisser l’appareil photo allumé, pour ne pas perdre une seule seconde quand un animal passe devant l’objectif. Je n’ai plus besoin de me préoccuper de l’autonomie de ma batterie, pour me concentrer sur l’essentiel."

MISE AU POINT RAPIDE

Pour Martin, la mise au point est l’un des aspects les plus délicats de la photographie d’animaux sauvages et d’oiseaux. "A fortiori lorsque l’arrière-plan est très chargé, un autofocus a parfois bien du mal. Je considère l’autofocus de mon appareil photo comme un assistant : il m’aide dans mon travail, mais je dois toujours être capable de réagir pour corriger la mise au point de l’appareil photo. Il m’arrive d’être frustré lorsque je rate une photo à cause de l’autofocus, mais d’un autre côté, je suis heureux que l’habilité du photographe demeure indispensable ,également pour la mise au point."

Martin a deux modes autofocus favoris. Pour les sujets relativement statiques, lorsqu’il veut créer une ambiance en saisissant un animal dans un paysage ou son environnement, il utilise l’AF point sélectif. "L’autofocus est alors parfaitement adapté à ce que je recherche, et je peux déplacer le point focal avec le joystick tout en gardant l’œil dans le viseur. Lorsque le boîtier se trouve au sol, dans une cachette ou sous un filet, je peux également changer le point de sélection à l’aide de l’écran tactile."

L’AF point sélectif est un mode très efficace, mais il demande davantage d’intervention de la part du photographe. Pour capturer des oiseaux en plein vol, Martin préfère dès lors l’AF zone automatique. L’appareil photo détecte alors automatiquement le sujet et sélectionne le point d’autofocus. "La réaction du Z 7II est suffisamment rapide pour capturer le sujet tant qu’il y a assez de contraste avec l’arrière-plan", explique Martin. "L’AF zone automatique donne généralement de bons résultats. Seule réserve : lorsque la mise au point est fixée sur un sujet éloigné, il est parfois plus difficile de la rétablir sur un sujet à l’avant-plan."

Pour le type de photographie qu’il pratique, Martin n’a guère besoin de la reconnaissance automatique des yeux, peu utile pour les animaux. "Elle est efficace pour les gros plans, mais si vous prenez des photos de loin comme moi, vous risquez une baisse de la netteté de la mise au point sur le corps, une aile ou la queue."

Les tout premiers tests vidéo réalisés par Martin se sont avérés concluants : suivi AF, stabilisation interne, N-Log,... La fréquence de 50 images par seconde en 4K est un véritable atout, qui me manquait sur le Z 6." Un test approfondi avec le Z 7II combiné à l’Atomos Ninja V suivra par la suite. En effet, grâce au dernier firmware 1.10, le Z 7II propose désormais aussi une sortie RAW, ce qui lui confère un confort de travail exceptionnel en plus d’une grande flexibilité en post-production.

UN SAC BOURRÉ D’OBJECTIFS

Martin peut se targuer d’une belle collection d’objectifs Nikkor. En effet, la photographie nature pose des exigences très diverses en matière d’objectif. Pour les images de paysages et d’environnement, il fait généralement appel à un 24-70mm F/2.8 et un 70-200mm F2/8. "Ces deux objectifs sont très complémentaires et polyvalents. Ils me permettent aussi bien de mettre en valeur le paysage que d’épingler un animal dans cet environnement."

Martin utilise également un 20mm F/2.8 pour renforcer le caractère impressionnant d’une forêt. Pour les prises de vue macro, il dispose d’un 105mm F/2.8. "C’est un excellent objectif, qui permet une restitution de la lumière particulièrement belle. Je m’en sers parfois pour les portraits." Martin dispose également d’un objectif indispensable : le 600mm F4 VR. "Il est certes lourd et encombrant, mais sa netteté est exceptionnelle. Cette longue distance focale est essentielle pour photographier des animaux sauvages sans les déranger. Il m’accompagne partout depuis dix ans déjà."

LE 70-200MM F/2.8 VR S : UNE RÉVÉLATION

Voici quelques semaines, Martin a également pu tester le nouveau Nikkor 70-200mm F/2.8 VR S sur le terrain. "Cet objectif est vraiment excellent ! Il présente à peu près les mêmes dimensions et le même poids que le modèle précédent. Il affiche la solidité indispensable à l’utilisation sur le terrain. Il offre une bonne tenue en main et est stable, ce qui me permet de travailler en toute spontanéité, sans trépied. Je n’en maîtrise pas encore toute les options, mais quelques boutons de fonction bien placés facilitent la commande sans même devoir déplacer la main. Je n’ai rien à redire à la qualité d’image, mais c’est surtout la vitesse de l’autofocus qui m’impressionne le plus. Il est tout à fait silencieux et fiable, même avec des sujets présentant peu de contraste."

Martin a pu comparer le nouveau Nikkor 70-200mm F/2.8 VR S à son Nikkor F 70-200mm F/2.8E. "La version Z offre des prises de vue de qualité irréprochable, sans les légères imperfections de la version précédente, comme le dégradé de lumière plus prononcé. J’ai trouvé le Z encore plus réactif et silencieux, et ce alors que la version E est déjà très performante à ce niveau. Combinée à la stabilisation d’image intégrée du Z 7II, la stabilisation dans l’objectif est très impressionnante. J’ai pris des photos en 200 mm à 1/15 de seconde, à main levée, qui affichent une netteté parfaite. J’ai toujours trouvé les objectifs 70-200mm de Nikon très puissants, et cette nouvelle version me conforte dans ma préférence. Et pour couronner le tout, la distance minimale de prise de vue est légèrement inférieure sur le Z."

TÉLÉCONVERTISSEURS ULTRA-NETS

Martin utilisait également les téléconvertisseurs Z TC-1.4x et TC-2.0x en combinaison avec le 70-200mm F/2.8 VR S. "Ma précédente expérience avec les convertisseurs plus anciens était double. Le 1.4x atteignait les qualités optiques de l’objectif, mais avec le 2.0x je perdais un peu de netteté dans l’image et surtout de la vitesse dans l’autofocus. J’étais donc très curieux de voir le résultat de cette combinaison, pour découvrir si le 70-200mm F/2.8 VR S pouvait vraiment devenir un objectif tout-en-un pour la photographie animalière."

"La netteté reste vraiment excellente avec ces deux nouveaux téléconvertisseurs. J’ai l’impression qu’aucune perte de netteté n’est perceptible dans les images. Franchement, je ne m’attendais pas à conserver cette qualité avec un téléconvertisseur. Dans certaines circonstances, par exemple des conditions de faible luminosité, un téléconvertisseur a un impact sur la réactivité de la mise au point – c’est logique. Mais cela reste limité en l’occurrence. La plupart du temps, j’oubliais même la présence du téléconvertisseur sur l’appareil."

Un téléconvertisseur fait évidemment perdre un ou deux paliers (F/2.8 devient F/4 ou F/5.6, en fonction du téléconvertisseur), mais avec la sensibilité et la stabilisation d’image des appareils photo actuels, ce n’est plus un problème, selon Martin. "Avec le TC-2.0x, le 70-200mm F/2.8 VR S fonctionne comme un 140-400mm F5.6. Le flou d’arrière-plan (bokeh) à 400mm et F5.6 est superbe. Un diaphragme de F/5.6 peut sembler un peu juste pour la photographie nature, où les conditions de luminosité sont souvent difficiles. Mais grâce à la stabilisation d’image et aux niveaux plus élevés des ISO du Z 7II, ce raisonnement ne s’applique plus. Je peux en effet choisir des vitesses d’obturation plus longues ou des sensibilités plus élevées, sans perte de qualité. Et le confort n’en est que meilleur : avec un objectif de ce format, j’ai pu prendre la plupart de mes photos de test à main levée."

UN SEUL MOT D’ORDRE : PATIENCE

Pour photographier des animaux sauvages, a fortiori des oiseaux, il faut surtout de la patience et de la persévérance, selon Martin. "Quand vous connaissez les habitudes des oiseaux, quand vous savez où les trouver à différentes périodes de l’année, vous pouvez être là au bon moment et accroître vos chances d’obtenir un bon cliché. Sans aucune garantie, toutefois. C’est d’ailleurs tout le piment ! Le secret consiste à être parfaitement prêt pour le moment où l’occasion se présente."

Martin recommande donc de s’exercer le plus possible avant d’aller sur le terrain. "Une fois que vous avez découvert les bons réglages, et que vous maîtrisez parfaitement votre appareil photo, vous pouvez travailler efficacement. Et éviter ainsi bien des déconvenues."

Le calme et la discrétion sont également des qualités essentielles pour un photographe nature, qui doit se fondre au mieux dans le paysage. "Je passe énormément de temps à observer les oiseaux avant de les photographier. Le défi consiste à comprendre leurs habitudes et leurs comportements, ainsi que leur rapport à l’environnement où nous nous invitons. J’apprends ainsi leurs trajectoires de vol, les branches où ils aiment se poser, et je peux ainsi anticiper leurs mouvements."

CONSEILS POUR DÉBUTANTS

La technologie numérique permet de prendre de nombreuses photos, et Martin trouve qu’il s’agit là d’une formidable chance d’essayer un maximum, de commettre des erreurs et d’affiner sa technique en observant les réussites et les échecs. "Il n’existe pas de recette miracle ni de réglage unique pour toutes les circonstances, car chaque situation est unique. D’expérience, je dirais que – comme les oiseaux se déplacent souvent très vite – il est utile de garder une vitesse d’obturation élevée. Pour un oiseau en vol, 1/2.500 ou 1/3.200s est un minimum. Sauf à rechercher évidemment une sorte d’immersion. Dans ce cas, vous préférerez précisément des vitesses moins élevées, en fonction de l’effet visé.

Je conseille aux débutant de s’entraîner au bord d’un étendue d’eau, par exemple un lac, une rivière ou un étang. "Ce sont généralement des espaces ouverts où convergent les oiseaux. Et vous pouvez y essayer de nombreuses techniques : un gros plan d’oiseau au-dessus de l’eau, des sujets en plein vol, d’autres dans une pose ou en position de pêche… Essayez de vous positionner de manière à ce que les animaux soient éclairés de côté ou de derrière, et tirez profit des reflets de l’eau."

"Et la règle d’or : essayez, testez, sans crainte de rater des photos, il suffit d’une seule bonne dans la série. Puis, surtout : montrez toujours le plus grand respect pour les oiseaux photographiés et leur environnement. Un photographe nature se doit d’afficher un comportement exemplaire."

MARTIN DELLICOUR À PROPOS DU NIKON Z 7II ET DU NIKKOR 70-200MM F/2.8 VR S

• "Je retrouve dans le Z 7II tout ce qui m’a séduit dans le D850."
• "Toutefois, le Z 7II permet sans problème des niveaux d’ISO 6.400 ou ISO 8.000 tout en gardant la qualité d’image."
• "C’est surtout la vitesse de l’autofocus qui m’impressionne le plus. Il est tout à fait silencieux et fiable, même avec des sujets présentant peu de contraste."
• "J’ai toujours trouvé les objectifs 70-200mm de Nikon très puissants, et cette nouvelle version me conforte dans ma préférence."
• "La plupart du temps, j’oubliais même la présence du téléconvertisseur sur l’appareil."