Nikon Imaging | Belgique | Europe

Pieter ten Hoopen

Documentaires et photojournalisme

Les gens sont des gens, pas juste des numéros. Nous parlons de vies, de familles avec des enfants et de couples qui partagent leurs sentiments. Comme nous.

À propos du projet spécial

Le projet de Pieter ten Hoopen, qui vise à sensibiliser les gens à la crise des réfugiés, suit les relations des couples et des familles en Turquie et au Mexique, qui ont fui leur pays pour construire ailleurs une vie meilleure.



Q : Quelle a été votre source d’inspiration pour le projet Love Stories ?

Les histoires sur lesquelles je travaille sont toujours personnelles, ce qui me permet de raconter ce qui m’intéresse vraiment. Mes histoires sont principalement liées aux crises humanitaires ou à la guerre, des sujets qui peuvent évidemment être perçus comme des défis et des bouleversements. Avec ce projet, je voulais aborder les aspects positifs qui survivent dans les situations négatives. La crise des réfugiés a fait l’objet d’une grande médiatisation ces dernières années, mais je voulais aborder les choses autrement, en m’intéressant aux « histoires d’amour des réfugiés » qui donnent force et espoir à ceux qui tentent de se construire une vie meilleure. L’amour est l’un des aspects les plus importants de la vie humaine. Il procure l’optimisme et l’espérance nécessaires pour traverser une période sombre, comme c’est le cas pour la plupart de ces réfugiés. Ces photos, qui représentent des couples et des familles vivant des situations très éprouvantes, montrent comment l’amour les a aidés à surmonter les difficultés.

Q : Dans quels endroits vous êtes-vous rendu et qu’est-ce qui vous a attiré dans ces régions du monde ?

Istanbul, en Turquie, est la principale plaque tournante pour les réfugiés qui ont fui la Syrie. Cet endroit était donc important. Les horreurs de la guerre en Syrie dépassent l’entendement ; nombreuses sont les personnes qui ont dû fuir et laisser derrière eux des proches et des êtres chers. J’ai rencontré des couples comme Mohammad et Nada, qui avaient quitté tout ce qu’ils possédaient, leurs communautés et leurs moyens de subsistance, en quête d’une vie plus sûre. Le deuxième endroit où je me suis rendu était le Mexique. La plupart des personnes que j’ai photographiées dans ce pays étaient originaires d’Amérique centrale, elles fuyaient la pauvreté, la violence, la répression politique et les problèmes liés au changement climatique. Au cours de l’automne dernier, environ 7 000 migrants/réfugiés ont traversé l’Amérique centrale en direction du Mexique. Environ 4 000 d’entre eux sont parvenus à la frontière des États-Unis. Je voulais recueillir les témoignages des personnes qui avaient rejoint cette caravane de migrants et qui avaient dû laisser derrière eux des proches et des êtres chers dans l’espoir d’un avenir meilleur.





Au Mexique, j’ai rencontré un couple passionnant, Christian et Daniella, qui faisaient partie de la caravane des migrants dans la province de Oaxaca. Daniella, qui était enceinte, m’a raconté comment elle avait rencontré Christian quatre ans auparavant sur une plage du Honduras. Ce fut le coup de foudre entre eux, et le couple se maria seulement 15 jours après sa première rencontre ! Cependant, l’histoire du couple est émouvante, car, en fuyant leur maison, Christian et Daniella ont dû laisser leur petite fille sur place, estimant qu’elle ne pourrait pas supporter le voyage, une décision déchirante pour n’importe quels parents. Le couple a l’intention de retrouver sa fille une fois arrivé aux États-Unis. C’est la découverte d’histoires incroyablement émouvantes comme celle-ci qui m’a attiré dans ces régions du monde.





Q : Combien de temps vous a pris la préparation de ce projet ?

Je ne saurais trop insister sur l’importance de faire des recherches avant d’entreprendre des projets tels que celui-ci. Il faut être prêt. Avant mon voyage, j’ai longuement réfléchi aux destinations et à leur intérêt, puis j’ai contacté les personnes qui pourraient m’aider sur place. Ces personnes, qui connaissaient bien les lieux, ont pu me fournir des informations précieuses pour obtenir les accès dont j’avais besoin pour les prises de vue. Cependant, en plus de la préparation, vous devez vous réserver une certaine marge de manœuvre, notamment dans des conditions similaires, où le voyage des migrants peut changer à tout moment. On ne sait jamais à l’avance où l’histoire nous mènera, ce qui fait la beauté de la photographie. Ces moments imprévus sont déterminants pour le résultat final.

Pour un tel projet, vous devez également vous assurer que votre équipement ne vous alourdit pas ou ne vous encombre pas. Les appareils et les objectifs Nikon que j’ai choisis étaient parfaits pour l’expérience que j’ai vécue avec ces histoires d’amour.





Q : Quels défis avez-vous rencontrés pendant votre voyage ?

Je me suis rendu compte que ce n’est pas parce que je suis partisan d’une idée que tout le monde la partage avec moi. Par conséquent, il est important de travailler avec des personnes qui croient en ce que vous faites et en l’histoire que vous racontez. C’est l’un des plus grands défis que j’ai eu à relever en travaillant sur des projets de photojournalisme, à plusieurs reprises au cours de ma carrière. Vous devez aussi trouver des sujets qui vous permettent de raconter les histoires qui leur sont associées et d’évoquer un passé douloureux. Les témoins sont traumatisées par leur vécu, vous devez donc être à leur écoute et faire preuve de tact. Ce défi était de taille, mais j’ai eu la chance de rencontrer des couples qui m’ont parlé ouvertement de leurs sentiments et de leur vécu. Comprenant le message que je voulais transmettre, ils étaient disposés à partager leur émouvante histoire de sentiments et d’engagement amoureux.





Q : Avez-vous eu des surprises lorsque vous étiez sur le terrain ?

J’ai été surpris de constater à quel point les gens parlent ouvertement et librement de l’amour. C’est peut-être une réflexion sur moi-même, car ce n’est pas une chose à laquelle je suis habitué, mais j’ai été vraiment étonné par la sincérité des personnes interrogées. Ces gens qui vivent des moments très difficiles, quelque chose que nous pouvons à peine comprendre d’un point de vue occidental, s’appuient sur l’amour et les relations avec les autres pour pouvoir atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé. Pour eux, l’amour est un instrument de survie, peut-être le plus puissant de tous.

Q : Quel a été votre moment préféré du voyage ?

Les moments marquants sont si nombreux qu’il m’est difficile d’en choisir un en particulier. Je me rappellerai toujours ces moments incroyablement émouvants où les membres des couples parlaient l’un de l’autre et l’un avec l’autre. C’est un réel privilège d’entendre les gens raconter leur histoire. Vous vous rendez compte que, partout dans le monde, que ce soit en Turquie ou au Mexique, l’amour est présent dans chaque histoire et chaque combat.





Q : Avez-vous une photo préférée de votre voyage ?

Elle représente un homme seul assis sur un trottoir à Juchitán, au Mexique. Il se prépare pour une nouvelle longue journée de marche et de transport. Ce fut un moment fort : il était conscient de ma présence et j’étais conscient de la sienne, mais nous nous sentions tous les deux totalement seuls. La photo a été prise tôt le matin, avant que les autres migrants ne se réveillent. La lumière était parfaite pour mon D850. J’ai l’impression que cette image est symbolique de la vie de nombreux réfugiés. Cet homme a quitté son foyer et tous ses biens dans l’espoir de construire une vie meilleure pour lui et sa famille, une décision incompréhensible pour la plupart d’entre nous.





Q : Quel matériel avez-vous emporté et comment vous a-t-il aidé à prendre les clichés voulus ?

J’ai utilisé mon appareil photo préféré, le D850, car il est parfait pour la prise de vue de haute qualité sur le vif. J’ai également eu l’occasion de tester le Z 7. C’était une nouvelle expérience pour moi, mais j’ai adoré. La prise de vue sur le terrain oblige à beaucoup marcher et crapahuter, et le poids plume du Z 7 est bien adapté à ces conditions - j’ai pu ainsi faire des vidéos de grande qualité pendant mon voyage. L’appareil photo vous permet de prendre des photos en 4K, il est incroyablement stable, ce qui signifie que l’image ne tremble pas. Côté objectif, je garde l’AF-S NIKKOR 28mm f/1.4E ED à portée de main. Cet objectif grand angle est idéal pour contrôler la lumière en toutes circonstances.






Q : Quel message espérez-vous transmettre avec votre projet spécial ?

Pour vraiment comprendre la vie de ces réfugiés, il faut savoir que la plupart de ceux qui entrent en Europe ou aux États-Unis ne le font pas de gaîté de cœur. Nous devons nous en souvenir afin de mieux comprendre ce qu’ils vivent. Ces personnes quittent leur vie et leur foyer, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. La situation qu’ils vivent dans leur pays est trop risquée, et ils doivent survivre. Nous ne prenons pas la mesure des épreuves que ces personnes traversent, c’est pourquoi je m’appuie sur ce projet et mes photos pour raconter leur histoire et décrire leur vie dans ces conditions. Ce que c’est que de vivre et d’aimer en étant constamment menacé.

Q : Que signifie pour vous travailler sur un projet comme celui-ci avec Nikon ?

J’ai énormément de chance d’avoir travaillé sur un projet comme celui-ci. En rencontrant ces couples extraordinaires, j’ai découvert des aspects de l’amour dont j’ignorais l’existence. Je suis très reconnaissant de l’aide que Nikon m’a apporté pour y parvenir. Ce projet, qui était à la fois stimulant et enrichissant, m’a beaucoup appris sur moi-même en tant que photographe. Mon exploration des « Love Stories » ne fait que commencer, j’espère vraiment que le public appréciera la série de photos et sera touché par ces histoires d’amour si particulières.


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