Photographier en plein soleil

Nicolas JægergaardVoyage et paysage28 août 202510 min read
Nikon magazine - Photographing in direct sunlight

Réaliser des vidéos et prendre des photos en plein soleil, avec une lumière implacable, peut sembler un cauchemar, mais pour Nicolas Jægergaard, créateur Nikon, c’est un défi qui mérite d’être relevé. Dans ce guide, il partage ses techniques expertes pour la lumière directe afin de créer des photos à l’atmosphère intense et des vidéos au style cinématographique

Vous ne pouvez pas contrôler la météo ni même parfois l’heure à laquelle vous photographiez et filmez, surtout lorsque vous voyagez ou que votre emploi du temps est serré. De même, cessez de lutter contre la lumière et apprenez plutôt à l’utiliser à votre avantage. J’ai appris à apprivoiser le soleil ardent de midi, même si c’est l’une des conditions lumineuses les plus difficiles à maîtriser. Les ombres profondes et les lumières vives peuvent être difficiles à équilibrer, mais c’est justement ce défi qui les rend intéressantes ! Utilisez-les pour enrichir votre récit. Je joue avec les ombres, les contre-jours, les silhouettes, les lumières parasites, tous ces éléments qui prennent vie sous un soleil intense. Ces conditions m’obligent à faire preuve de plus de créativité, et c’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes.

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Nicolas Jægergaard

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Que contient mon sac photo ?

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Il m’a fallu trois voyages jusqu’au mont Taranaki, en Nouvelle-Zélande (12 km de randonnée !), pour réussir à prendre une photo dont j’étais satisfait. Z9 avec NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S à 30 mm, f/5, 5 s, 500 ISO, © Nicolas Jægergaard

Faire des repérages

Je commence toujours par repérer les lieux, et la planification de la lumière en fait largement partie. J’utilise Google Maps en mode relief pour me faire une idée du paysage, puis je me tourne vers l’application PhotoPills pour vérifier la position du soleil à une heure et un endroit précis. Savoir exactement quand et où la lumière frappera le paysage permet de planifier les compositions de manière bien plus efficace.

Utiliser les bons outils

À condition d’utiliser les bons outils, le travail en lumière directe offre une immense liberté créative. Je transporte pas mal de matériel Nikon dans mon sac, mais mon équipement de prédilection pour les conditions de lumière directe est le Nikon Z9, un excellent appareil polyvalent pour la photo et la vidéo, le plus souvent associé au NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S. Les objectifs Nikon donnent d’excellents résultats en pleine lumière, même si certains se distinguent plus que d’autres. Si je vise l’effet classique d’étoile autour du soleil ou de lumière parasite, le NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S ou le NIKKOR Z 20mm f/1.8 S sont tout simplement fantastiques. Fermez le diaphragme à f/16 ou f/22 lorsque le soleil perce à peine à travers les arbres ou un bâtiment, et les résultats peuvent être vraiment stupéfiants. Pour plus de polyvalence, j’opte généralement pour le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8. Il est léger, net et vraiment facile à utiliser. Mais si je cherche un niveau de netteté et de contraste supplémentaire, en particulier dans des conditions lumineuses, je choisis le NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S. Il tient ses promesses à chaque fois.

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Exposition longue en plein milieu de la journée : l’eau et les nuages flous apportent une qualité douce et onirique. Pris avec les filtres NiSi ND 1-5 et 5-9 stops et le Z9 avec le NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S à 60 mm, f/7.1, 90 s, 100 ISO, © Nicolas Jægergaard

Pour éviter de surexposer l’image, j’utilise le filtre NiSi True Color ND-VARIO 1-5 Stops. Il permet de régler l’exposition très facilement sans compromettre la qualité. Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un filtre avec une plage de cinq stops, mais c’est clairement plus pratique lorsque la lumière change rapidement. Il est particulièrement utile pour rendre un mouvement flou, par exemple sur l’eau ou les nuages, avec des expositions plus longues. Imaginons que je photographie une cascade et que je veux obtenir un effet soyeux et fluide : Je règle le filtre ND sur 3 à 5 stops et je ralentis la vitesse d’obturation à environ une seconde. C’est à ce moment-là que vous pouvez vraiment obtenir des résultats magnifiques et oniriques. Comme vous travaillerez avec des vitesses d’obturation plus lentes, un trépied solide devient également indispensable. Ça simplifie vraiment tout.

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Plage : photo classique avec effet étoilé, réalisée à f/10 pour obtenir des rayons de soleil nets. Z9 avec NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S à 39 mm, f/10, 1/80 s, 125 ISO. Forêt : saisi à la mi-journée avec un grand-angle pour une perspective nouvelle – la lumière vive du soleil illumine la scène. Z9 avec NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S à 14 mm, f/20, 1/60 s, 2000 ISO, © Nicolas Jægergaard
Réglages essentiels pour la photo

La maîtrise de l’histogramme est essentielle, c’est l’outil sur lequel je m’appuie le plus. Il offre une lecture visuelle rapide pour savoir si je risque de surexposer les hautes lumières, ce qui est crucial pour contrôler l’exposition. Pour la photo, je mets généralement l’ouverture au maximum et je réduis la sensibilité (ISO) au minimum. Ensuite, à l’aide de l’histogramme, j’expose à droite, à la limite de l’écrêtage, pour conserver autant de données que possible.

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Alpes italiennes : le soleil matinal diffusait déjà une forte lumière et j’ai fait confiance à mon histogramme pour éviter de surexposer les montagnes. Z6II avec NIKKOR Z 50mm f/1.2 S à 50 mm, f/2, 1/640 s, 50 ISO, © Nicolas Jægergaard. Dos de l’appareil photo : exemple d’histogramme

L’une des erreurs les plus courantes que je commets encore, surtout en conditions de lumière vive et directe, est de surexposer complètement le ciel. Lorsque les hautes lumières sont écrêtées, il est impossible de les récupérer. C’est pourquoi j’utilise souvent le bracketing pour la photo. Même si vous ne pouvez pas faire de bracketing en vidéo de la même manière, le principe reste valable. Une fois que les hautes lumières sont perdues, elles le sont pour de bon. C’est frustrant, mais cela fait partie du processus. J’aurais aimé apprendre plus tôt à quel point le bracketing peut être puissant. J’ai appris à prendre trois expositions espacées d’environ 1 à 2 incréments (sous-exposée, normale et surexposée), puis à les fusionner en post-traitement pour récupérer les détails sur toute la plage dynamique. Cela peut sembler technique mais, une fois que vous l’avez essayé, c’est étonnamment simple et incroyablement utile. Même si vous ne prévoyez pas un véritable montage HDR, disposer de ces expositions supplémentaires vous offre beaucoup plus de flexibilité par la suite. Je combine souvent le bracketing avec le réglage vps le plus élevé de mon appareil photo pour minimiser les mouvements entre les images, ce qui est particulièrement utile par temps venteux. Je l’utilise désormais en permanence pour les paysages et les scènes statiques, dans toutes les situations où je sais qu’une seule image ne suffira pas à tout saisir.

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À gauche/en haut : la Norvège sous le soleil de midi. Le bracketing a permis de conserver les détails des hautes lumières et des ombres pour un équilibre parfait. Z9 avec NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S à 24 mm, f/4, 1/800 s, 80 ISO. À droite/en bas : Hallstatt, Autriche. Le bracketing a permis de récupérer les détails des ombres et des hautes lumières. Z6II avec NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S à 20 mm, f/5.6, 1/4000 s, 100 ISO, © Nicolas Jægergaard.
Se préparer pour la vidéo

La vidéo ajoute une nouvelle couche de complexité. Réduire simplement la sensibilité et ouvrir le diaphragme ne suffit pas toujours. Pour la vidéo, la vitesse d’obturation doit être le double de la cadence de prise de vue. Si je filme à 60 vps, je réglerai ma vitesse d’obturation sur 1/125 s. C’est assez lent pour des conditions lumineuses, même en réglant la sensibilité et l’ouverture, et c’est là que le filtre ND devient indispensable. Le filtre NiSi True Color ND-VARIO 1-5 Stops me permet d’ajuster précisément la réduction de lumière dont j’ai besoin, sans compromettre la qualité d’image.

J’utilise également les motifs zébrés, des superpositions en rayures qui apparaissent sur les zones surexposées de votre image. Je les règle généralement entre 245 et 250 pour repérer et contrôler rapidement les zones trop lumineuses. En combinaison avec le N-Log, vous obtiendrez une plus grande plage dynamique et une meilleure flexibilité en postproduction, ce qui permet de préserver les détails même dans des scènes à fort contraste. Je filme en 4K à 60 vps afin de pouvoir ralentir la séquence plus tard pour des reels Instagram ou les shorts YouTube, sans perte de qualité.

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Suricate : j’ai utilisé la faible lumière et les couleurs vives en arrière-plan pour faire ressortir la scène, Z9 avec NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S à 200 mm, f/2.8, 1/5000 s, 160 ISO. Oiseau : le sujet est éclairé par l’arrière pour créer un effet de halo, Z9 avec NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S à 200 mm, f/4, 1/640 s, 250 ISO, © Nicolas Jægergaard
Des compositions créatives

La lumière vive et directe vous oblige à réfléchir différemment à la composition, à l’exposition et à l’emplacement du sujet. Que je prenne des photos ou réalise des vidéos, j’essaie de montrer le monde tel qu’il est – lumineux, vif et plein de vie – et j’adore ce rendu naturel avec une touche de dynamisme. Bien sûr, le soleil de midi, surtout en été, est loin d’être aussi flatteur que l’heure dorée, qui met naturellement en valeur ce rendu, mais j’ai appris à apprécier ce défi créatif. Cela me pousse à être plus réfléchi dans mes compositions et, à long terme, cela m’a rendu meilleur photographe.

Cela peut surprendre, mais j’aime cadrer face au soleil lorsque je photographie des personnes ou des animaux. Pour les portraits, cela permet d’éviter les ombres dures sur le visage et les regards plissés, tout en créant un magnifique contre-jour qui fait ressortir le sujet. Pour les animaux, l’effet de halo peut ajouter une touche cinématographique et vraiment sublimer la scène.

Si la lumière est particulièrement intense, je l’utilise pleinement en optant pour une silhouette. Essayez de réduire l’ouverture, comme f/11 ou plus, pour obtenir des rayons nets et pointus autour du soleil, et cadrez le soleil derrière un élément, par exemple une montagne, un arbre ou un bâtiment, ce qui aide à contrôler les lumières parasites et apporte plus de structure à la composition.

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L’heure dorée s’estompe et les tons plus durs du soir s’installent. J’ai utilisé le bracketing ici pour saisir la plage dynamique maximale dans ce cadre magnifique au bord du lac Tekapo, en Nouvelle-Zélande. Z9 avec NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S à 36 mm, f/4.5, 1/1600 s, 200 ISO, © Nicolas Jægergaard (aussi image d’ouverture)

Pour être honnête, je sors rarement avec l’intention de travailler avec le soleil directement au zénith, mais il y a des moments où ce type de lumière joue vraiment en votre faveur. Dans les forêts denses, par exemple, je pointe un objectif grand-angle, tel que le NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S, directement vers le haut, le long des arbres. Les rayons du soleil filtrant à travers la canopée peuvent produire un effet spectaculaire. Il en va de même pour les espaces étroits tels que les gorges, où la lumière zénithale peut atteindre des endroits qui resteraient autrement dans l’ombre. L’une de mes images préférées est en fait un portrait de moi-même pris dans un canyon au milieu de la journée. Un étroit faisceau de lumière traversait les ombres depuis le haut et j’ai tout de suite su à quoi je voulais que l’image ressemble. J’ai rapidement réglé les paramètres, remis l’appareil photo à un membre de ma famille et lui ai indiqué où se placer et quand appuyer sur le déclencheur. Le résultat était surréaliste : une lumière vive tranchant l’obscurité, créant une sorte d’effet projecteur. Cette image n’aurait pas été possible avec la lumière douce du soir. C’est la lumière dure qui a fait toute la différence. Un bon rappel que les conditions difficiles sont parfois l’ingrédient secret.

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Images for Nikon magazine
Autoportrait : la lumière de midi filtre à travers la canopée. Z9 avec NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S à 19 mm, f/2.8, 1/125 s, 1400 ISO. Cascade. Z9 avec NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S, 40 mm, f/4.5, 1/200 s, 2000 ISO (filtre ND 1 vitesse), © Nicolas Jægergaard
Une astuce pratique

Voici une technique simple et amusante que j’utilise lorsque le soleil est dans mon cadre et qu’il est trop intense à gérer. Tout d’abord, je prends une photo normale avec le soleil visible. Ensuite, je prends une seconde photo de la même composition, mais cette fois-ci, je place mon doigt devant l’objectif pour ne bloquer que le soleil. Je préserve ainsi les détails qui seraient autrement perdus à cause de la lumière parasite ou des hautes lumières extrêmes. Plus tard en retouche, je fusionne les deux images dans Photoshop ou, si je ne veux pas faire de fusion, j’utilise un outil d’IA pour retirer le doigt, ce qui est plus simple qu’on ne l’imagine puisque mon doigt ne couvre qu’une petite partie du cadre. Il s’agit d’une astuce rapide mais elle m’a permis de sauver plus d’une photo.

Image finale à l’extrême droite. Z9 avec NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S à 24 mm, f/9, 1/4 s, 32 ISO, © Nicolas Jægergaard

Pratiques de post-traitement

Pour les photos, je commence généralement par atténuer les hautes lumières et réduire le contraste pour créer une base plus plate. À partir de là, je reconstruis lentement les couleurs et les tons. Je peux ainsi mieux contrôler le résultat final et conserver un aspect naturel. Mon objectif est toujours de refléter l’état d’esprit de la scène sur le moment. Parfois, j’ajoute un peu plus de dynamisme pour faire ressortir l’image, mais cela doit toujours rester naturel.

Pour les photos de midi à fort contraste, je commence par évaluer la plage dynamique dont je dispose. Les appareils photo Nikon conservent très bien les détails dans les ombres et les hautes lumières, ce qui est très utile en post-traitement. Dans Lightroom, je commence généralement par éclaircir légèrement les ombres et réduire les hautes lumières juste ce qu’il faut pour récupérer les détails sans donner un effet trop retouché. Si nécessaire, je procède à des ajustements locaux à l’aide de filtres radiaux ou de masques pour corriger les zones problématiques. Si le contraste est trop important, je mélange les expositions bracketées pour obtenir une image plus équilibrée.

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Florence, avant et après la retouche. Tout d’abord, j’aplanis l’image, puis je réintroduis progressivement la couleur, le contraste et la lumière pour un contrôle total. Z7 avec NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S à 71 mm, f/2.8, 1/500 s, 200 ISO, © Nicolas Jægergaard

La vidéo est un peu plus délicate, car on ne peut pas faire de bracketing de la même manière. C’est pourquoi je filme toujours en N-Log. Cela me permet d’obtenir une image plus plate, avec plus de marge de manœuvre pour travailler par la suite. En postproduction, je vais légèrement éclaircir les zones sombres, ajuster le contraste et peaufiner l’équilibre des couleurs afin de créer quelque chose qui semble naturel tout en restant cinématographique. Que ce soit pour les photos ou les vidéos, je veux que le résultat final ressemble à la réalité, mais avec un peu de magie en plus.

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Couple de grèbes huppés éclairé par l’arrière, avec juste assez de contre-jour pour qu’il ressorte dans le cadre. Z9 avec NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S à 200 mm, f/3.2, 1/1000 s, 500 ISO, © Nicolas Jægergaard

La plus grande leçon à retenir

Patience. Il m’est arrivé à maintes reprises de me rendre à des endroits et d’être déçu par la lumière, seulement pour la voir complètement changer quelques minutes plus tard. Parfois, c’est l’inverse : la lumière parfaite du matin disparaît avant même que j’aie eu le temps de me préparer. La planification et un bon repérage sont très utiles, mais il est tout aussi important d’être flexible. La lumière change rapidement, et certaines des meilleures images se produisent juste avant ou après le moment que vous attendiez. La chance joue un rôle indéniable, mais il faut la saisir. C’est pourquoi je me déplace aussi souvent que possible, pour multiplier les chances d’être là où il faut, au bon moment.

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